La verticale

Cette fameuse Verticale
Ça consiste en quoi ?

Une technique qui ne se contente pas de nous faire pêcher "autrement", mais qui nous ouvre de nouveaux horizons sur les comportements des poissons (sandre en particulier), et sur les façons de provoquer l'attaque d'un carnassier, notamment quand il est peu agressif.

La Verticale -j'emploie une majuscule pour faire une différence avec d'autres pêches s'exerçant dans un plan vertical, comme la dandine (vertical jigging), et qui n'ont pas grand-chose à voir-, la Verticale disais-je, a fait son apparition en France il y a quelques années, à l'occasion d'un concours où participaient des pêcheurs hollandais, spécialistes de cette technique, qui remportèrent facilement l'épreuve.
Après une période de balbutiements, elle est en train de faire école chez nous, avec tout ce que cela implique : spécialistes précurseurs (authentiques ou "autoproclamés..."), nouvelle gamme de matériel, et surtout, plus passionnant, nouveau savoir halieutique.

Pêche au leurre souple "soutenu", en barque

sandre pris en verticale sur shad chartreuseLégende photo : "Premier sandre à la Verticale. Une technique subtile quant à la conduite de la barque, mais assez simple pour être pratiquée par tout le monde avec succès.

La Verticale est avant toute chose une pêche en barque, élément principal et indissociable de cette technique. En quelques mots, le principe est le suivant : au lieu de lancer un leurre souple en direction d'un poste, et de l'animer en le ramenant vers la barque, on se contente de le laisser descendre à la verticale du bateau, de le décoller du fond, et de le soutenir en l'animant plus ou moins (plutôt moins que plus d'ailleurs).
On ne lance donc jamais, on se contente de guider le leurre en donnant ou reprenant du fil pour que sa trajectoire épouse celle du fond, tandis que le bateau se déplace très lentement, sous l'effet d'une dérive naturelle ou provoquée par quelques impulsion du moteur électrique.

Bien que ce ne soit pas strictement indispensable, on utilise presque toujours un échosondeur. Il donne des infos sur les variations du relief (et donc permet d'anticiper sur le "guidage" du leurre), la présence éventuelle de poissons à certaines profondeurs, etc.

Oui, c'est "vraiment" nouveau...

Légende photo : "Vinh Fressange (à droite) et son coéquipier Stéphane Reyt.
Les premiers français à avoir remporté des concours en Verticale."
Vinh Fressange et Stéphane Reyt
Cela fait plus de 20 ans que je pratique la pêche aux leurres souples, et notamment en barque, en barrage, et en eau profonde. La pêche "sous le bateau", je connais ça par coeur. Et pourtant je ne me risque pas comme certains imprudents à affirmer que "la Verticale, ça n'a rien de neuf, j'y pêche depuis toujours !".

J'ai au contraire l'honnêteté d'admettre que j'ai certes pratiqué des techniques qui s'en approchaient plus ou moins, mais qui "n'étaient pas" la Verticale telle que je vais tenter de la développer dans les pages suivantes. Et je précise tout de suite que je ne me considère pas comme un spécialiste de cette technique, mais plutôt comme un élève assidu, un aficionado, qui a la chance de pouvoir pratiquer avec certains des meilleurs "verticaliers" français, comme par exemple Jackie Farrona, Jacques Rosen ou Vinh Fressange.

Alors croyez-moi sur parole, et ne perdons pas de temps en polémiques stériles : ceux qui pensent avoir tout compris et inventé avant les autres finissent généralement par passer pour des sots.

Bien sûr la Verticale présente pas mal de similitude avec la pêche au leurre souple classique, mais il s'agit bien d'une technique à part entière, avec ses gestes, son approche, son matériel, et même sa "philosophie". C'est une école de précision, de concentration et d'obstination.

Elle ne convient pas à tous les tempéraments...

Si vous êtes du genre impatient, hyper actif, qui aime que ça bouge, qui apprécie une belle gestuelle et une traque active, il est probable que la Verticale vous ennuiera. Si vous êtes au contraire un méthodique, un obstiné, un introverti qui pêche plus "de l'intérieur" que pour assurer le spectacle, elle risque de vous passionner. Bien entendu rien n'oblige à la pratiquer exclusivement, on peut très bien alterner avec d'autres techniques...

Mais surtout, la Verticale présente le gros avantage, une fois que l'on commence à la maîtriser, d'offrir des prises régulières, tout en permettant d'apprendre à connaître son plan d'eau et les tenues du poisson sur le bout des doigts (mieux à mon avis que d'autres techniques).
Sans être la technique miracle qui fait mouche à tous les coups quand rien ne marche, elle a tout de même la particularité de procurer souvent des touches (et parfois en quantité), alors que les méthodes classiques échouent, parce que les poissons ne sont pas assez agressifs. Elle les provoque, les harcèle, et éveille plus leur colère que leur crainte.

Il n'est pas exceptionnel de faire une pêche très correcte en Verticale alors que dans le même temps un pêcheur au manié ou au leurre souple classique ne voit pas une touche sur les même postes, parfois dans la même barque. Quand on a vécu cela plusieurs fois on ne se pose plus trop de questions quant à l'utilité ou pas de se mettre à la Verticale...


II:

Verticale :
L'action de pêche

Avant d'aborder en détail les aspects matériels, passons en revue le déroulement d'une séance de pêche à la Verticale, histoire de mieux comprendre comment ça "fonctionne".

La pêche commence lorsque le bateau est à l'eau, le moteur électrique installé à portée de main, et le sondeur allumé. On ne le dira jamais assez, la Verticale est la quintessence de la pêche au sondeur, même s'il est vrai qu'un pêcheur connaissant parfaitement les fonds pourra s'en passer.
Avant même de mettre un coup de ligne, le verticalier scrute l'écran de son sondeur pendant que le bateau progresse lentement. Il est à la recherche d'indices sur la tenue des poissons, et notamment sur la profondeur moyenne à laquelle ils évoluent, ainsi, éventuellement, que sur le type de postes occupés (tombants, cassures, plages, etc.). La présence de bancs de vifs est également une information précieuse.

Les préparatifs

Verticale : action de pêcheUne fois la trajectoire choisie, sur des fonds que l'on suppose poissonneux, vient le moment de sélectionner le leurre souple et la plombée. En l'absence de toute indication particulière, on choisit par exemple un shad chartreuse (grand classique) ou blanc nacré. De toute façon il importe de posséder plusieurs couleurs, car si certains jours les sandres ne sont pas sélectifs, il arrive fréquemment qu'une couleur soit beaucoup plus productive que les autres. Bien entendu seule l'expérimentation permet de trouver ce qui marche le jour J, et en l'absence de touches, ou si les touches sont avortées (tapes, décrochages), un changement de couleur peut souvent être la solution.
Le poids de la tête plombée n'est pas un facteur très important à mon avis, ou disons qu'il importe bien moins que pour d'autres méthodes. Pour la Verticale, il vaut mieux avoir trop de plomb que pas assez, et il est rare que l'on descende en dessous de 14 grammes. La gamme utile va plutôt de 14 à 28 g selon la profondeur et le vent, 18-21 g étant sans doute les grammages que j'utilise le plus souvent.

C'est donc une technique assez lourde, mais ceci ne présente pas d'inconvénients particuliers, puisque le leurre n'est jamais livré à lui-même. Il est au contraire soutenu en permanence, comme nous allons le voir. On ouvre le pick-up, et on laisse le shad filer vers le fond. Le moulinet est alors fermé, et la bannière récupérée pendant que l'on abaisse la canne jusqu'à toucher la surface de l'eau avec le scion. On relève alors de 10-20 cm pour décoller le leurre souple du fond, et la pêche commence...

La "non-animation"

Quelle est donc cette fameuse animation qui fait de la verticale une technique "différente" de la pêche aux leurres souples classiques, et qui est supposée déclencher des touches quand le reste ne marche pas ? Hé bien cette animation n'en est pas une, du moins pas au sens habituel du terme ! Il faut oublier ce que l'on a appris, oublier notamment toute idée de rythme binaire sur le mode "tirée et relâché". La verticale n'est pas de la dandine ni du manié dans un plan vertical, c'est une technique à part entière, qui pourrait à la limite se comparer plutôt à de la tirette lente en suspension.

Concrètement, comment conduit-on le leurre ? Le but est de le faire se déplacer lentement, en épousant au mieux le contour du fond, en s'élevant de temps à autre doucement de 10 ou 20 cm pour redescendre tout aussi doucement. Le leurre est parfois pris de tremblements provoqués par de toutes petites secousses du scion, il prend régulièrement contact avec le fond (histoire de vérifier à quelle distance il s'en trouve), et il se permet parfois quelques écarts, comme une montée plus ample vers la surface, ou une série de quelques cabrioles avant de reprendre sa course nonchalante. Voici, résumée en quelques mots, l'action que le verticalier doit donner à son leurre.

Ou disons plutôt qu'il s'agit de l'allure de base, celle qui m'a donné les meilleurs résultats pour l'instant, mais autour de laquelle il est bien sûr possible de broder, puisque nous savons que le sandre étant de nature fantasque, rien n'est écrit d'avance, et que les expériences peuvent s'avérer productives.Verticale : action de pêcheIl peut sûrement arriver à un instant donné qu'une animation vigoureuse soit plus efficace, mais pour l'instant chaque fois que j'ai vu des apprentis verticaliers échouer à obtenir des touches, c'était toujours à cause d'un "trop d'animation" que d'un "pas assez".

Ni trop, ni trop peu...

Et surtout n'allez pas prendre cette affirmation à la légère, car certains jours le verdict risque d'être sévère. Je l'ai appris à mes dépens lors de mon apprentissage, et il m'est arrivé encore récemment de toucher 8 poissons sur un coup du soir, entre deux pêcheurs assis dans la même barque et pêchant avec le même leurre, qui eux ne touchaient rien. Ils étaient sidérés par cette absence inexplicable de réussite, car ils avaient l'impression d'animer à peu près comme moi. En réalité ils n'avaient pas encore bien intégré le fait que plus de 50% du temps le leurre ne doit pas être animé du tout, mais simplement soutenu au-dessus du fond sans mouvement de la canne, celui de la barque suffisant à le rendre attractif. À la Verticale, le bateau prend autant de poissons que le pêcheur, c'est ça le secret de cette technique, s'il doit y en avoir un.
Pour autant, une absence totale d'animation n'est pas productive, à en croire les essais que j'ai fait de laisser pendre un leurre inerte sur une seconde canne. C'est donc un compromis subtil, un dosage minutieux, une action de pêche minimaliste, une maîtrise permanente de ses gestes.

La touche est souvent nette, parfois même violente, au point que le scion plonge brusquement dans l'eau ou que la canne tape sur le rebord du bateau ! Elle intervient presque toujours lors d'une phase d'immobilité, et le rythme cardiaque du pêcheur passe de 70 à 200 pulsations minute en l'espace d'un éclair. Mais il arrive aussi que les sandres ne prennent le leurre que lors d'une pause sur le fond, auquel cas la touche est imperceptible et se traduit par une lourdeur lors du relevé. Enfin il arrive que l'on perçoive d'infimes sensations, des tocs minuscules, des frôlements ou légères pertes de tension. Touche ? Frottement d'un poisson contre la tresse ? Obstacle ? Pas toujours facile de le savoir, donc en cas de doute un ferrage s'impose.


Bien entendu toute attaque confirmée, toute capture, doivent nous inciter à insister sur ce poste, puis sur des postes présentant des caractéristiques identiques. Il importe également de bien mémoriser la séquence d'animation ayant conduit à une attaque (sur une pause au fond, en suspension, sur un relâché plus rapide, etc.). Bien souvent il existe une manoeuvre qui fonctionne ce jour-là, et qu'il faut bien sûr reproduire à intervalles réguliers.


III :

Verticale :
L'équipement de base

Avant d'entrer dans le détail des différents "outils" du verticaliers et de la façon de s'en servir, faisons un rapide tour d'horizon de ce qu'il faut pour pratiquer cette technique. Comme nous allons le voir, c'est une pêche assez exigeante en termes de matériel, du moins si on veut la pratiquer à un bon niveau.

Un bateau

carolinaEt oui, la verticale se pratique en bateau ou en barque exclusivement. Certes on peut imaginer des solutions pour s'y essayer du bord, par exemple à l'aide d'une longue canne en rivière ou en canal (à vous d'essayer si l'expérience vous tente, bien qu'à mon avis le drop shot soit plus indiqué pour le piéton). Mais jusqu'à démonstration du contraire, la verticale est un des privilèges du pêcheur en barque.

Faut-il un style de bateau particulier ? En théorie non; le bateau doit au minimum, c'est une évidence, être adapté aux eaux que l'on fréquente (notamment question sécurité). La verticale se pratiquant la plupart du temps assis, il faut prévoir d'équiper la barque d'un ou deux sièges. Avec un peu d'imagination, c'est faisable sur quasiment n'importe quel modèle, quand ce n'est pas carrément prévu d'origine.
Il faut impérativement pouvoir adapter, en plus de l'éventuel moteur thermique, un moteur électrique, que ce soit à l'arrière (du côté gauche) ou à l'avant.

Un moteur électrique    (Cliquer sur la photo pour agrandir)

moteur à l'avantLui aussi est indispensable, que ce soit pour une approche fine des postes, corriger une dérive ou la position de la barque, faire du surplace, longer la rive en sondant, etc. En fait le moteur électrique est l'une des pièces maîtresse de l'équipement, au même titre que le sondeur. Le reste n'est qu'accessoire.
Pour débuter, n'importe quel type de moteur électrique peut convenir, mais si l'on entend se spécialiser dans cette pêche il faut clairement s'orienter vers un modèle à variateur électronique, le seul qui permette de contrôler une dérive au quart de poil, en ajustant la vitesse du moteur à celle du vent, du courant, etc.

Bien entendu, qui dit moteur électrique dit batterie assez grosse pour ne pas tomber en panne au moment où ça mord. Une 100 Ampère/heure est un minimum si on a un bateau un peu conséquent.

Un sondeur

sondeurPêcher en verticale sans sondeur, c'est un peu comme pêcher à la cuiller en fermant les yeux. On ne voit pas ce que l'on fait, sur quelle profondeur on se tient, s'il y a du poisson, etc. En théorie c'est possible, dans la pratique c'est se mettre un très gros handicap.
Le sondeur n'a pas forcément besoin d'être très sophistiqué, puisque l'information la plus importante est la profondeur. Voir le poisson est bien sûr un gros plus, voir son leurre est le top, mais ce dernier point n'est pas crucial, loin s'en faut. Un sondeur assez basique, d'une définition de 240 pixels verticaux, avec une sonde 10 ou 20°, voilà déjà de quoi s'amuser.

Si vos moyens vous le permettent, un modèle plus pointu, avec une plus grande définition (320 px ou plus), une puissance importante (2000 à 4000 watts crête) et une meilleure qualité d'affichage (niveaux de gris, couleur, écran anti-reflet), vous apportera un confort et le surcroît de performance qui parfois fait la différence.

La canne

Il existe des cannes spéciales verticale, mais on peut s'accommoder bien souvent d'une canne à lancer classique (spinning ou casting), à condition qu'elle ait les caractéristiques requises : longueur de 1.80 à 2 mètres, puissance effective de 15 à 40 grammes, sensible en pointe mais pas trop souple, et avec une bonne réserve de puissance.

Le moulinet

Il ne joue pas un rôle très important. on lui demande simplement d'être assez léger, d'avoir un frein correct et de bien gérer la tresse. La verticale, en effet, est quasi indissociable de pêche en tresse. En principe, on utilise du matériel spinning (lancer classique), mais l'utilisation d'un ensemble casting est envisageable, et peut même apporter quelques avantages.


IV:

Pêche à la Verticale
Quelle couleur choisir ?

Le choix du leurre est l'un des élements essentiels de la verticale. C'est souvent là que tout se joue.

Ce choix, souvent délicat et subtil, nous est dicté par le poisson et ses réactions, mais obéit tout de même à quelques règles.

Plutôt qu'une longue théorie, voici un récit que j'ai posté sur le forum "Powerticale", et qui a partir d'un exemple parmi 100 autres illustre l'importance du bon choix et de la bonne couleur.

 

couleur des shadsPour le choix d'un leurre, je pense qu'il y a 3 grands critères à prendre en compte :

- couleur
- taille (longueur et silhouette)
- action (nage, comportement)

Souvent un de ces critères prend plus d'importance que les autres pour le poisson, et ce n'est pas toujours le même.

Donc il faut tâtonner jusqu'à trouver ce qui marche. Cela suppose de changer souvent de leurres tant qu'on n'a pas trouvé, et d'être très attentif, en cas de touche, à essayer de deviner ce qui l'a provoquée.


Tout ça pour dire qu'il n'y a pas que la couleur qui importe...

Pour moi il y a 4 grandes familles de couleurs : clair, foncé, naturel et "pétard".
Par "pétard", je comprends aussi bien les couleurs fluo que les contrastes violent (rouge et blanc par exemple). Si on prend comme exemple les leurres souples de la photo ci-dessus (qui bien entendu ne repésente qu'un échantillon des toutes les couleurs possibles) :

- Clair : 2, 3, 6, 7 et 10

- Foncé : 1, 4, 5, 8, 9, 11 et 12

- Naturel : 1, 2, 3, 4, 9, 11 et 12

- Pétard : 5, 6, 7, 8 et 10


le fameux shad chartreuseQuant on tâtonne pour essayer de trouver la bonne couleur, éviter d'essayer 5 couleurs claires les unes après les autres. Essayer plutôt ces quatre grandes famille, ça permet de dégrossir plus vite.

Il est également intéressant de varier non seulement les couleurs mais aussi les tailles et les action, de façon à mener plusieurs essais simultanément. Dés qu'on commence à avoir des touches, on affine pour essayer de trouver quel est le paramètre qui joue (couleur/taille/action).

Par exemple si c'est la couleur, un shad blanc marchera, mais un finess blanc donnera peut être de meilleurs résultats, etc. On peut estimer qu'on a vraiment trouvé une bonne solution (il y en a souvent plusieurs) quand les touches se succèdent régulièrement et sont franches. Mais revenons au choix de la couleur.

En théorie :

- Eau claire : couleurs naturelles
- Eau teintée : pétard

Clair ou foncé, ça c'est le poisson qui décide.

La couleur la plus polyvalente est à mon avis le blanc, qui passe bien dans la plupart des eaux.
Le chartreuse et le Fire Tiger sont également de grands classiques pour le sandre. En fait si je devais choisir seulement deux couleurs ce serait celles-là, je trouve que ce sont les plus régulières.

Le marron (dans toutes ses variantes) est parfois très bon, mais moins régulier je trouve. Mais ce serait mon troisième choix. Mais bien entendu chaque pêcheur à ses préférences et ses couleurs de confiance.
Les couleurs foncées sont parfois les seules qui marchent, donc il faut en avoir (noir, violet foncé par exemple).


La plupart d'entre nous ont 10 fois plus de shads qu'il n'en faudrait, parce qu'on croit tous plus ou moins au leurre miracle.

Mais aussi parce qu'il nous est tous arriver de prendre une rouste par un pote qui avait LE bon leurre du jour, qu'on n'avait pas. Et en général la première chose qu'on fait ensuite c'est d'aller en acheter, d'autant que ce sont des leurres relativement économiques par rapport aux leurres durs.

Au bout de quelques années on se retrouve avec des pleins cartons de leurres souples juste pour la verticale...
Mais en réalité, je pense qu'avec 4-5 modèles de LS en 4-5 couleurs chacun et 2-3 tailles, on fait face à la plupart des situations.

Mais si je fais le calcul, ça fait déjà entre 32 et 75 modèles, à avoir en quelques exemplaires... pas étonnant que les verticaliers aient du mal à déjauger smile

Démonstration par l'exemple

Pour exposer mon point de vue je vais prendre pour exemple une sortie réelle, qui est caractéristique parce qu'il m'a fallu presque une demi-journée pour trouver une solution. Parfois ça va beaucoup plus vite, parfois on ne trouve aucune solution.

En attaquant la pêche j'ai demandé à Vinh (Fressanges) ce qu'il me conseillait comme couleur pour ce lac qu'il connaît bien mieux que moi. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

"Plutôt naturel, le pétard ne marche pas très bien ici".

Big hammer 6 poucesJe monte un Big Hammer 6 pouces dans les tons marron.
Marron parce que c'est une couleur naturelle que j'aime bien et qui colle avec celle de l'eau (je crois en la théorie selon laquelle c'est une bonne idée de mettre un leurre de la même tonalité que celle de l'eau où l'on pêche)

6 pouce parce qu'en hiver, par défaut, un gros leurre est préférable, sur le papier en tout cas (théorie du rapport dépense d'énergie/apport calorique).


1/4 d'heure s'écoule, pas de touche. Puis Vinh prend un sandre de 40, qui n'a pas fait de touche, sur shad à dominante claire. Premier indice : je change aussitôt pour un AMS dos marron flancs et ventre crème. Pas de résultats.

Vinh, qui est au sondeur, m'annonce régulièrement quand nous passons sur du fish. C'est important car si on passe sur plusieurs beaux échos sans avoir de touche, on peut en conclure qu'on n'a pas le bon leurre, donc il faut en changer. Qu'il prenne ou qu'il refuse, c'est le poisson qui répond à nos questions.

J'ai deux cannes montées avec des LS et grammages différents, ce qui me permet d'alterner rapidement dans l'espoir de trouver plus vite la bonne réponse.

J'essaie successivement plusieurs modèles en variant formes et couleurs, y compris du pétard au cas où, mais sans aucun succès. Il est 13h30 et pas une touche, il est temps de faire le point.

Squeed DelalandeJe fouille mes boites à leurres souples en récapitulant ce que j'ai essayé, et en essayant de me remémorer ce qui m'a réussi par le passé dans des conditions similaires (eau très froide et sans plancton).
J'opte pour un Squeel Delalandeblanc pur (ancien modèle), que j'avais délaissé car cette année il ne m'a pas rapporté grand chose, mais l'hiver 2006 il avait donné de très bons résultats.

5 minutes après j'ai une touche franche, mais je décroche le poisson. C'est encourageant mais pas probant, en tout cas ça nous donne une info sur la possible bonne profondeur : 14 m.

Je continue en alternant avec l'autre canne. 30 minutes plus tard Vinh annonce 3 poissons bien décollés, et je prends une belle touche, toujours sur le Squeel blanc, dans 12 m. C'est un sandre d'environ 65, qui a tout avalé.

Deux touches et un engamage profond un jour où la pêdche est difficile, c'est plus qu'il n'en faut pour dire qu'on a trouvé un gros morceau de la solution. Vinh continue la prospection dans les 12-14 m. Je prends une nouvelle touche mais inferrable. Puis encore une, un petit sandre de 40 piqué par le bout des lèvres sur le triple de queue.

Deux touches dont une manquée et une « piqué fin », c'est le signe que quelques chose cloche. Mais en même temps c'est le signe que je suis dans le vrai, puisque Vinh avec son shad n'a pas d'attaques. Donc un détail doit être modifié. Je change de tête plombée pour une 21 g. Les 28 g que j'avais sont de toute façon trop lourds pour 12 m.

sandreGros passage à vide de 3/4 d'heure. Nous arrivons sur un poste régulier, une cassure de 11 à 13 m que nous prenons à rebrousse poil (du plus profond vers le moins profond). Quelques mètres avant la cassure Vinh annonce "beaux échos décollés et empilés" (souvent synonyme de banc de belles perches ou sandres se tenant à des profondeurs différentes). Je décolle mon Cajun Squeel et le laisse "flotter" (nettement plus facile avec 21 g). Touche franche, sandre de 77 qui a lui aussi bien engamé. Je ne me pose plus de question sur le choix du leurre. Un peu plus tard je prends un pin's de 30 qui a pris mon leurre en suspension sans que je sente la moindre touche.

Vinh essaie plusieurs leurres dans les tons blancs, mais il n'a pas de blanc pur, une couleur dans laquelle il ne croit pas trop. Je lui ai proposé depuis longtemps un Squeel, mais il a sa fierté et je le comprends. Il rajoute un second sandre de 40 en dead sticking (canne inerte dans le repose canne), sur un shad blanc crème. puis rate un troisième poisson 1/2 heure avant la nuit.


Voilà en gros un exemple de journée "verticale" où le choix du leurre se révèle à la fois difficile et important (parfois tout fait ventre mais c'est plutôt l'exception que la règle).


Ce que j'en retiens :

1/ Changer fréquemment de leurre est la base de cette technique en cas d'échec.

2/ Sous-estimer l'importance du choix de leurre (couleur, taille, forme) est une grossière erreur. Il y a trop de preuves de cette importance pour laisser de la place au doute.

3/ Le sondeur est un allié dans ce choix, en signalant les refus.

- Si l'on passe sur plusieurs beaux échos sans avoir de touche (j'entends par beaux = probables carnassiers ), il faut changer pour quelque chose de franchement différent.

- En cas de montée et redescente immédiate (refus caractérisé) : changement de leurre automatique, mais en gardant à l'esprit que si le poisson est monté c'est que quelque chose dans le leurre l'a sans doute fait réagir.

- En cas de montée et poisson suiveur mais qui n'attaque pas : probable qu'il y a quelque chose à garder dans le choix du leurre et qu'on n'est plus très loin de la vérité.

4/ Plusieurs touches ratées ou poisson mal piqué : on a quasiment trouvé la solution, il manque juste un réglage (grammage, taille, animation, touche de couleur, etc.)

De la théorie à la pratique

Bien sûr tout cela reste théorique. Certains jours on enchaîne les refus ou touches manquées sans trouver de remède. Si on trouvait à chaque fois ce ne serait plus de la pêche mais de la physique.

Mais cet exemple de sortie, que n'importe quel verticalier a vécu des dizaine de fois, montre que loin d'être la pêche inerte et sans attrait que l'on décrit parfois, la verticale est une véritable école de gamberge.

Si l'on ne se pose pas de question, ou si l'on agit sans réflexion, on rate sa pêche plus souvent qu'on ne la réussit (ou qu'on ne la sauve, ce qui parfois est déjà un résultat enviable).


V :

Verticale :
Les méthodes d'armement

Leurre souple shad pour la verticale

Bien qu'elle obéisse à certaines règles assez strictes, la façon de monter et armer un shad peut varier selon le type de leurre, les conditions de pêche, mais aussi et surtout selon les habitudes et convictions du "verticalier".

Un montage "Verticale", neuf fois sur dix, se compose d'une tête plombée lourde armée d'un hameçon jig simple (armement de tête), et d'un hameçon triple "voleur" (ou "stinger") placé en queue. La meilleure taille pour le simple est à mon avis du 3/0, si l'on utilise des shads de taille "standard", c'est à dire 10-15 cm. Le 4/0 est utile pour les adeptes des gros leurres souples (genre 20 cm), et le 2/0 peut servir pour armer des leurres courts. J'utilise des VMC Barbarian 3/0 dans la majorité des cas, mais bien entendu d'autres marques fabriquent de très bons hameçons.

Éviter les modèles bon marché qui en général s'ouvrent trop facilement ou piquent mal. On a déjà pas mal de décrochés en Verticale, du fait que l'on ferre dans le dur (le machoire supérieure du sandre est très osseuse), inutile d'aggraver le problème avec des hameçons de mauvaise qualité. Si les risques d'accrochage sont importants, mieux vaut se munir d'un bon décrocheur, et apprendre à s'en servir, que se résigner à employer des hameçons douteux.

L'hameçon triple de queue est-il indispensable ? À mon avis oui. C'est lui qui pique la majorité des poissons, et à choisir je me passerais plus facilement de l'hameçon de tête que de celui-là, l'idéal étant d'avoir les deux. Évidemment cet hameçon de queue présente l'inconvénient de compliquer et fragiliser le montage, tout en otant un peu de son naturel à la nage du leurre. Mais c'est un mal nécessaire, dont il semble difficile de se passer.

montage vertical 1montage vertical 2
Il existe deux écoles concernant son placement : sur le dos ou sous le ventre. Les deux ont leurs partisans, leurs avantages et inconvénients, même si cela s'apparente souvent à du coupage de cheveux en quatre (mais n'est-ce pas une part du plaisir dans toute technique ?) Personnellement, après avoir débuté avec la méthode ventrale, j'ai fini par opter pour la méthode dorsale, partant du principe (que je tiens pour bon) qu'en l'absence d'autres certitudes la méthode la plus simple et la plus rationnelle est la meilleure.

- Avantage du triple dorsal : on peut changer de leurre sans modifier le montage, on accroche moins les débris du fond, en cas de prise le leurre souffre peu. Inconvénient : le triple sur le dessus oblige à piquer dans le palais du sandre, une des parties les plus dures, avec en théorie plus de risques de décrochages.

- Avantages du triple ventral : meilleures chances de bien piquer au ferrage, le triple risque fort de crocher dans la machoire du bas, plus tendre. Inconvénients : on ramasse plus de débris sur le fond (avec le risque de pêcher un quart d'heure avec une feuille morte accrochée au triple), le leurre n'est pas interchangeable et peut se faire cisailler par l'avançon lors du combat.

Description des montages

Les deux montages que j'utilise sont détaillés dans les pages suivantes. On peut les réaliser autrement, notamment en jouant sur le matériaux employé pour l'avançon (nylon, fluorocarbone, tresse polyéthylène, tresse composite, tresse d'acier), et la façon de l'attacher (noeud, sertissage par sleeve). Personnellement j'utilise plutôt la tresse composite, qui a l'avantage de résister aux dents du brochet, de se nouer facilement, et d'être assez souple.

Source: Carnassiers.com

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